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Blog politique d'Arnaud de Bourrousse

Crise financière : Extrait de mon discours des voeux 2010

11 Janvier 2010, 18:02pm

Publié par arnaud-de-bourrousse.net

Veuillez trouver ci-dessous un extrait de mon discours des voeux 2010 dans lequel je parle de la crise financière.

Retrouvez ICI l'intégralité de mon discours.

 

(..) "Malheureusement, je crains que l’année 2010 ne soit pas de meilleure facture au plan économique, tant au niveau mondial qu’au niveau national. 

Je souhaiterais revenir quelques brefs instants sur la gestion de la crise.

Il ne vous a pas échappé que la politique qui a été choisie, surtout par les Etats-Unis, mais également par la France, a consisté à sauver le système bancaire mondial  sérieusement ébranlé par  le comportement aventureux d’un nombre très important de banques de tout pays. 

 

En France, au lieu de traiter le problème à la racine, la politique gouvernementale s’est résumée à accuser les salariés des banques (les traders) d’être les responsables de la crise financière. 

Loin de moi l’idée de vouloir défendre au-delà de la normale des salariés

– la plupart du temps exerçant leur métier hors de France – qui gagnent très bien leur vie en mettant souvent en péril le bilan de leur banque. 

Mais, il faut dire, et c’est là le CŒUR du problème, que les responsables doivent être recherchés ailleurs surtout si l’on veut éviter que cela ne se reproduise. 

En effet, comment imaginer que des salariés puissent prendre en otage leurs dirigeants ? 

Il faut savoir que toutes les banques sont des entreprises soumises à une régulation et  qu’un régulateur existe pour chacun des pays. 

 

Or, ce régulateur, Mesdames et Messieurs, c’est  l’ETAT et en France  c’est  la Commission Bancaire, qui dépend de la Banque de France  En d’autres termes, les banques sont les acteurs d’un jeu où l’arbitre fixe les règles à ne pas dépasser. 

Il est donc particulièrement affligeant de voir le pouvoir  politique se défausser de la sorte en pratiquant le populisme le plus détestable  en stigmatisant certains salariés du secteur bancaire pour masquer son incapacité à avoir organisé efficacement le contrôle des banques.

Le plus grave, dans tout cela, ce n’est pas tant l’opprobre jeté sur cette catégorie de personnes qui s’en remettront, mais l’absence totale de mesures engagées pour que de tels excès dans les prises de  risques bancaires ne se reproduisent plus. 

A-t-on entendu la moindre remise en cause du rôle de l’arbitre, le régulateur, dans cette crise financière ? 

A-t-on créé comme certains le demandent, dont je fais partie, une agence Européenne de notation de créances, émanant de la Banque Centrale Européenne ?

Agence dont le rôle serait de suppléer  -et à terme -  de remplacer ces agences de notations de créances toutes américaines. 

Agences très largement responsables, par leur notation outrageusement généreuse, de l’omniprésence de créances de très mauvaise qualité dans les portefeuilles des banques, véritable cause de la crise financière ? 

 

La réponse est malheureusement non.

 

En conséquence, la crise financière que nous venons de traverser n’a été suivie d’aucune correction aux errements passés.  et crée donc les conditions d’une crise beaucoup plus grave dans un futur proche. 

Je veux le dire tout net, le sauvetage généralisé du secteur bancaire, auquel nous venons d’assister l’an dernier a un prix : la création d’une bulle financière encore plus importante que la précédente par le mécanisme de la nationalisation des dettes.

 Les dettes bancaires ont été reprises directement ou indirectement par les Etats par le biais de l’injection massive de liquidités dans l’économie par les banques centrales.

Cela se traduit au niveau mondial par une augmentation sans précédent de l’endettement des Etats et des déficits publics, aggravés par la baisse des recettes fiscales, elle même consécutive de la récession  économique.

 

Dans notre pays la culture de l’endettement de l’Etat, n’a jamais cessé, et cela fait trente ans qu’aucun budget n’a été voté à l’équilibre.

En 2009, pour un budget d’un peu moins de 300 Md d’€, il y a la moitié de recettes fiscales et moitié de déficit. C’est du JAMAIS VU. 

Quelle entreprise, quel ménage, pourrait se permettre de bâtir un budget avec un déséquilibre aussi effarant ? 

Qui peut se permettre de consommer deux fois ce qu’il gagne ? 

Nous sommes passés en France d’un peu plus de 1.075  md€ de dettes publiques en 2004 à près de 1450 m€ en 2009, soit près de 400 m € d’augmentation.  

 

La seule chose envisagée aujourd’hui en France est une conférence sur l’endettement en janvier et un grand emprunt de 35 md d’€. 

 

De qui se moque-t-on ? 

 

Est-ce d’une conférence dont nous avons besoin ou un énième rapport qui servira de cale sous une étagère dans un des bureaux de Bercy.

 

Et quand va-t-on commencer par faire ce qui aurait du être fait depuis bien longtemps en réduisant à vitesse accélérée – avant qu’il ne soit trop tard-  le train de vie de l’ETAT, colosse hypertrophié aux pieds d’argile, dont le millefeuille administratif et politique est d’une inefficacité inégalée.  

 

Va-t-on continuer à complexifier la fiscalité avec des réformes  aussi illisibles que sophistiquées, qui ont créé un maquis fiscal  d’où vous ne pouvez plus sortir sans le conseil d’avocat. Ce qui constitue un élément d’injustice sociale supplémentaire

Cette année nous avons eu notre lot avec la taxe carbone retoquée par le Conseil constitutionnel, la réforme de la taxe professionnelle, énième usine à gaz à laquelle personne ne comprend quoi que ce soit, sauf que les recettes fiscales des collectivités locales ont des lendemains très incertains, et hier encore la taxe envisagée sur les moteurs de recherche internet et j’en passe. 

Tout ceci ne fait qu’accentuer le fossé grandissant entre les citoyens que nous sommes  et l’Etat, qui perd le contact avec la réalité et le quotidien de chacun. 

Auparavant, l’adage était « Nul n’est censé ignorer la loi ». 

Aujourd’hui nul ne peut la connaitre et les parlementaires eux-mêmes n’arrivent plus à les voter tellement les projets de lois s’empilent sur les bureaux des deux assemblées.

L’inflation législative, la complexité des règles et leur fluctuation permanente qui pèsent sur les entreprises et en particulier sur les PME,  l’absence de lisibilité de la politique gouvernementale et l’absence de volonté de réduire notre endettement et par cela même de celui de nos enfants et des générations à venir me conduisent à envisager l’année qui s’ouvre avec beaucoup d’inquiétudes pour l’avenir de notre pays.

Nous sommes au bord de précipice, la réaction au sommet de l’Etat se doit d’être très rapide, claire et d’une vigueur sans précédent. La survie de notre société en dépend. 

Vous le savez, je suis au moins autant un chef d’entreprise que votre Maire et il n’est pas dans mes habitudes de pratiquer la langue de bois.

Aussi je me devais de vous faire partager mon opinion en espérant que le cours des évènements soit plus favorable que  ce pronostic" (...) 

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