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Blog politique d'Arnaud de Bourrousse

Crise de la zone euro : La France est le maillon faible

30 Août 2011, 14:29pm

Publié par arnaud-de-bourrousse.net

Retrouvez ci-dessous l'édito de Maurice de Boisséson, publié dans la lettre hebdomadaire d'Octo Finances, entreprise que je dirige.

 

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"Les deux mois d'été ont été agités. On a vu l'enlisement du plan "d'aide" à la Grèce et les limites de la "solidarité" entre Etats européens, une crise sur la dette espagnole et italienne qui a amené la BCE à  se porter à l'achat d'obligations de ces deux Etats, de grandes difficultés pour trouver un accord politique aux Etats-Unis sur le niveau maximum de dette 

publique, ce qui a fait craindre un blocage de l'Administration et qui a motivé S&P à dégrader les  Etats-Unis. Les banques européennes peinent à se refinancer sur le marché. Les taux d'intérêt baissent sur les obligations de l'Allemagne et des Etats  voisins, augmentent sur celles des pays méditerranéens. Les actions baissent, l'or monte. 


Le rendement ne compte plus. Les investisseurs recherchent avant tout lasécurité, ce  qui explique la hausse de l'or et des obligations allemandes, la baisse des actions et des obligations des pays fragiles. (On notera une exception, la hausse des obligations de l'Irlande, pays dont la situation se redresse). 

 

Nous pensons que la cause de cette crise est l'accumulation de dettes publiques. Ces dettes ont créé une masse de créances apparemment sans risque, qu'on retrouve dans tous les portefeuilles. Quand les créanciers se rendent compte que ces  créances nesont pas sans risque, ils cherchent un nouveau refuge, ce qui explique les mouvements violents des marchés.  Le niveau des dettes publiques a atteint un point de saturation. Les marchés "refusent" l'augmentation des dettes et "exigent" même leur diminution. Pourquoi maintenant? Qu'est-ce qui a changé pour que ce qui était acceptable devienne insupportable? Il est difficile de répondre à cette question, de même qu'il est difficile de savoir quelle goutte d'eau fera déborder un vase. Il faut accepter le nouvel environnement financier. 

 

Dans ce nouveau contexte, la France est le maillon faible. Son déficit budgétaire est un des plus élevés de la zone euro. Le niveau des dépenses publiques est le plus élevé de la zone euro. Alors que l'équilibre budgétaire va devenir une obligation, qui sera imposée par des marchés méfiants, le plan du gouvernement ne prévoit qu'une dizaine de milliards (0,5% du PIB) d'amélioration. Comme il s'agit essentiellement de hausses d'impôts, et non de 

baisses de dépenses, le plan ne répond pas au problème des dépenses publiques excessives. Pourtant, dans son dernier rapport sur les finances publiques, la Cour des comptes signale"un déficit public très élevé et largement structurel" et "une situation plus dégradée que dans le reste de l'Europe", sans oublier "la dégradation de la situation des entreprises publiques" ; elle affirme que "la réduction du déficit doit majoritairement porter sur les dépenses". A l'évidence, le gouvernement ne tient pas compte de ces avis. 


Nous pensons que les marchés peuvent se détourner des obligations du Trésor à n'importe quel moment. Cela déclenchera une crise majeure sur tous les marchés. S'agissant d'un pays aussi important que la France, avec des finances publiques aussi dégradées, la décision d'intervenir sera très difficile pour la BCE. 


La France et d'autres pays devront sortir de la zone euro. Nous avons déjà défendu la thèse qu'une monnaie unique, comme l'euro, nécessite des finances publiques saines, comme prévu par le traité de Maëstricht. C'est depuis que les Etats ont violé les principales dispositions du traité que l'euro est instable et fragile. Il est encore possible de maintenir 

l'euro quand de petits Etats vont mal ; cela ne sera plus possible avec une France en difficulté financière. 


Nous pensons donc que les soubresauts des  marchés cet été marquent le début d'une crise des finances publiques dans les grands pays et d'une crise de l'euro, avec la France comme point névralgique."

 

 

 

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